Les débuts du chantier école économie et entreprise





Le 17 mars 1986, je n'ai plus d'emploi. Mais ce n'est pas grave car Annie et moi avons la certitude que nous venons de terminer une période importante et capitale (fidèles à nos engagements de 1964) et que nous devons repartir à zéro. (ce ne sera pas la première et nos espèrons que ce ne sera pas la dernière)
Nous avions prévu toute une série de grands chantiers (d'autres se sont imposés en plus) qui permettraient à nos enfants de démystifier le monde du savoir-faire entre le savoir et le savoir paraître.
1/ Le chantier école scientifique ; d'abord destiné à sortir de l'anonymat et immortaliser le nom de mon père, il est très vite devenu un moyen et une école qui permettraient à nos "bébés" d'avoir une approche du monde de la science et de la culture .... en résumé c'est simple de paraître savant.
2/ le chantier école social et politique devait permettre aux "bébés" d'appréhender ce monde nébuleux de l'intérieur. Il est vite devenu un moyen d'offrir à nos enfants une vision sans complaisance de ce monde débile de la politique et du social. C'est un vrai monde de gros connards et il n'y a pas d'exeption.
3/ le chantier école maison devait permettre et a permis de comprendre que le savoir-faire est avant tout et toujours une vague histoire de rétention du dit savoir-faire. Pour beaucoup il est plus important de paraître savant que d'être savant.
Et maintenant
Il nous restait à démontrer que la nébuleuse "économie et entreprise" est surtout composée de "guignols" qui se prennent pour des hommes. Les grandes écoles les formatent pour paraître.
En résumé .... tout est possible et facile .....




En 1949 j'ai 6 ans, c'est l'après guerre et les grands conflits sociaux de la CGT. je ne suis qu'un gamin parmi d'autres qui fait du porte à porte pour distribuer "l'Umanité" à ses voisins d'une cité ouvrière à Montceau-les-mines. Tout devait être normal, j'aurais pu, j'aurais du me fondre dans le moule et pourtant pour moi gamin de la cité, j'ai vécu la soupe populaire et ces mouvements sociaux forts comme une humiliation profonde et indélébile. J'ai su immédiatement que je resterai toujours un "écorché vif" toujours prêt à se battre pour les causes perdues et les grandes ou moins grandes certitudes. C'est pourquoi vers l'âge de 10 - 12 ans je me suis fait des promesses qui me guideront à tous les instants de ma vie. Et même alors que j'étais adolescent, je ne m'intéressais qu'aux filles qui pourraient m'accompagner dans mon futur défini.
Et grâce à dieu ou un guignol du même acabit, j'ai rencontré Annie qui acceptait cette vie et ce challenge choisi et formulé. Dès 1964, avant même notre mariage nous avions rêvé d'une famille nombreuse, d'un clan où aucun des membres (nous compris) ne sera pas "riche", "pauvre" et surtout pas "philosophe", "savant", "célèbre", ou "investi d'une mission, d'un uniforme ou d'un rôle" ; en revanche, nous serions tous ouverts, disponibles et hospitaliers ... et particulièrement à quiconque refuse et combat le racisme, la xénophobie, l'arbitraire, l'exclusion, l'esclavagisme, le fanatisme, le sexisme, la misère, la tyrannie, le despotisme et/ou ..... la fatalité.
Dès 1964, nous avions défini toute une serie de chantiers écoles pour nos enfants dont les principaux seraient : 1/ une école destinée à démystifier le monde de la science, du savoir et du savoir-faire 2/ une école destinée à relativiser le bien et le mal et à toujours prendre de la distance devant celle ou celui qui prétend savoir 3/ une école destinée à demeurer toujours libre devant les certitudes de toutes sortes et la "bonne pensée" officielle ou non.
Alors dès 1964 nous avions défini que les "petits" seraient aptes à être "réintroduits" dans le "milieu naturel" seulement après cet apprentissage de la vie dans lequel Annie et moi étions l'exemple. Et maintenant en 2018 pouvons-nous dire que nous avons réussi ? Ai-je réussi ?





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