Mes promesses de gamin d'une cité ouvrière de l'après guerre





Le 3 août 1965 à Patay dans le Loiret nous fêtons notre premier anniversaire de mariage. Estelle est avec nous.
Nous sommes prêt pour la réalisation de mes 4 promesses de gamin. qui sont :
1/ Je ferai en sorte que le nom "sotty" et la mémoire de mon père sorte de l'anonymat ambiant et fatal .... et de la servitude héréditaire.
2/ Je ferai tout pour créer une vraie famille ... une vraie complicité
3/ Je rejeterai toutes les possibilités de faire "carrière" et je refuserai toujours la richesse, les honneurs ou tout positionnement dans une classe quelconque ... et ma vie ne sera qu'un livre grand ouvert et un exemple dévoilant mes faiblesses et mes meilleurs moments à mes enfants ... et à ceux qui voudront bien en prendre quelque chose. 4/ j'oeuvrerai toujours et tous les jours pour changer en profondeur ce monde dominé par l'arbitraire, les privilèges, le fric, l'injustice, la connerie et la manipulation quotidienne .... je resterai debout et contre la fonctionnaucratie institutionnelle....




En 1949 j'ai 6 ans, c'est l'après guerre et les grands conflits sociaux de la CGT. je ne suis qu'un gamin parmi d'autres qui fait du porte à porte pour distribuer "l'Umanité" à ses voisins d'une cité ouvrière à Montceau-les-mines. Tout devait être normal, j'aurais pu, j'aurais du me fondre dans le moule et pourtant pour moi gamin de la cité, j'ai vécu la soupe populaire et ces mouvements sociaux forts comme une humiliation profonde et indélébile. J'ai su immédiatement que je resterai toujours un "écorché vif" toujours prêt à se battre pour les causes perdues et les grandes ou moins grandes certitudes. C'est pourquoi vers l'âge de 10 - 12 ans je me suis fait des promesses qui me guideront à tous les instants de ma vie. Et même alors que j'étais adolescent, je ne m'intéressais qu'aux filles qui pourraient m'accompagner dans mon futur défini.
Et grâce à dieu ou un guignol du même acabit, j'ai rencontré Annie qui acceptait cette vie et ce challenge choisi et formulé. Dès 1964, avant même notre mariage nous avions rêvé d'une famille nombreuse, d'un clan où aucun des membres (nous compris) ne sera pas "riche", "pauvre" et surtout pas "philosophe", "savant", "célèbre", ou "investi d'une mission, d'un uniforme ou d'un rôle" ; en revanche, nous serions tous ouverts, disponibles et hospitaliers ... et particulièrement à quiconque refuse et combat le racisme, la xénophobie, l'arbitraire, l'exclusion, l'esclavagisme, le fanatisme, le sexisme, la misère, la tyrannie, le despotisme et/ou ..... la fatalité.
Dès 1964, nous avions défini toute une série de chantiers écoles pour nos enfants dont les principaux seraient : 1/ une école destinée à démystifier le monde de la science, du savoir et du savoir-faire 2/ une école destinée à relativiser le bien et le mal et à toujours prendre de la distance devant celle ou celui qui prétend savoir 3/ une école destinée à demeurer toujours libre devant les certitudes de toutes sortes et la "bonne pensée" officielle ou non.
Alors dès 1964 nous avions défini que les "petits" seraient aptes à être "réintroduits" dans le "milieu naturel" seulement après cet apprentissage de la vie dans lequel Annie et moi étions l'exemple. Et maintenant en 2018 pouvons-nous dire que nous avons réussi ? Ai-je réussi ?





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